CHRISTOPHE COLOMB FACE AU KARIBS (ou CARIBS) ET ARAWAKS
Ces aborigènes signalés par Christophe Colomb dès son premier voyage ont fourni à la littérature, au cinéma, à la presse et à l'historiographie coloniale le thème obsédant du cannibalisme. Au service du roi de France, le capitaine florentin Giovanni da Verrazzano aurait fait escale en juillet 1528 en Guadeloupe. À peine aurait-il débarqué avec quelques marins qu'aurait surgi un groupe d'indigènes qui les auraient criblés de flèches et se seraient saisi d'eux. Les équipages de trois vaisseaux auraient assisté horrifiés au festin des cannibales qui dévorèrent leurs amis.
Au moment de la conquête, on parlait plusieurs langues dans les îles et sur le continent. Dans le domaine insulaire, le premier atteint, on distingue quatre grandes familles linguistiques : warao, arawak, karib insulaire et karib. Les parlers warao étaient ceux des indigènes de Trinidad et des habitants de l'embouchure de l'Orénoque. Plusieurs variétés de cette langue sont encore parlées aujourd'hui par 15 000 Amérindiens de l'Orénoque. Plusieurs langues appartenaient à la grande famille arawak, comme le taino (Bahamas, Haïti, Cuba), le caquetio (Curaçao et Aruba), le ciguayo (Ayti), le macorixe (Cuba). Le karib insulaire est une langue arawak. La famille karib comprenait les groupes karina, galibi ou carinaco, carinepagoto, parlés à Tobago, en Grenade, dans les autres îles de l'arc oriental, dans les Guyanes, de l'Orénoque à l'Amazone. On ne connaît que le nom de certaines langues qui ont disparu à l'époque de la conquête : nepuyo (Trinidad, Guyanes), shebayo ou salvaio (Trinidad), yao (Trinidad et la région côtière des Guyanes, de l'Orénoque au Matacare), le guaiqueri ou waikeri (Margarita) et, bien sûr, le taino, englobant le lucayo des grandes îles et des Bahamas. Ainsi, trois langues anciennes des îles sont encore parlées sur le continent : arawak, karib et karib insulaire ou igneri, parlé encore à Belize, dans le voisinage du golfe du Honduras et dans les communautés garifunas.